Construire sa Piscine en Blocs à Bancher : Moments Clés et Difficultés

Le bloc à bancher est la technique la plus courante pour la construction de piscines en kit. Il est économique, maniable, facile à mettre en œuvre et très solide une fois le béton coulé et séché.

Les blocs à bancher se présentent sous forme de blocs creux ou alvéolaires. Ils sont en béton, en polystyrène ou en composite. On les assemble les uns aux autres pour dresser les parois du bassin, puis on coule du béton dans les alvéoles.

Voici un rappel des différentes étapes et des difficultés avec ce mode de construction de piscine.

Les blocs à bancher permettent toutes sortes de formes




Avant de poser le premier bloc

Le radier est-il prêt ?

Si ce n’est pas encore fait, il faut d’abord faire le terrassement de la piscine et installer puis laisser sécher le radier quelques jours ou semaines avant de commencer à dresser les parois sur le radier.

Premier rappel évident, des fers tors verticaux doivent être intégrés dans le radier. Leur nombre doit être égal au nombre d’alvéoles des blocs de la première rangée. C’est plus simple et plus rapide de les poser en même temps que le radier. Sinon il faut percer des trous avec un perforateur de diamètre Ø8 mm sur hauteur de votre radier (15 cm environ). Et on enfonce ensuite les fers au marteau.

Etes-vous prêt ?

Avant de se lancer, l’autre impératif est de rassembler l’outillage et les équipements nécessaires au montage des blocs.

Côté protection, il est préférable de porter des vêtements de sécurité : gants, lunettes, chaussures adaptées, casque et éventuellement, oreillettes anti-bruit.

Côté équipements, à un moment ou à un autre, vous aurez besoin d’un-e : Brosse, Niveau à bulles, Mètre, Grande règle métallique, Planches de Bois, Fil, Fil à Plomb, Truelles carrée et ronde, Massette, Marteau, Serre joints, Ligatureur d’armatures, Couteau à enduire, Pinces, Scie, Disqueuse, Perceuse-Visseuse, Brouette, Bétonnière, Règle de Maçon, Pelle, Bâton, Entonnoir ou Seau pour couler le béton, et une échelle ou un petit échafaudage tubulaire.

Côté matériaux pour l’ensemble de l’assemblage, il faut en quantité suffisante : blocs à bancher, ciment, granulats, sable, eau, fers tors, pièces à sceller.

Côté main d’oeuvre, plus il y a de monde et plus vous irez vite. Deux personnes étant un minimum pour faciliter l’enchaînement des opérations.

Il faut adopter les bons réflexes dès la première rangée

Montage des blocs et des pièces à sceller

Le montage des blocs et pièces à sceller doit être fini avant de commencer à bétonner. Cette étape ne présente pas de difficultés particulières. C’est surtout une question d’organisation et de rigueur.

Adoptez les bons réflexes dès la première rangée

Posez la première rangée avec soin. Elle va conditionner l’assise des murs, leur verticalité, leur horizontalité et le positionnement des rangées supérieures.

Plus vous êtes carré sur cette première rangée et plus il sera facile d’assembler le reste. Il y aura toujours des écarts à rectifier au fur et à mesure du montage (angles, inclinaison, niveaux) mais en installant correctement cette première rangée, vous minimiserez ce risque. Cette première rangée va faire tout le tour du bassin.

Si votre radier n’est pas parfaitement droit, elle doit être posée sur un lit de mortier pour corriger les écarts de niveau. Et même si le sol est droit, ce lit de mortier vous sera utile pour bien les ancrer au sol et mieux supporter la pose des blocs supérieurs.

Pour les piscines rectangulaires

Les premiers blocs doivent être placés à chaque angle de la rangée et nivelés. On peut tendre un fil entre ces 2 blocs pour garder un repère horizontal et de hauteur sur l’ensemble de la rangée. On place ensuite les blocs l’un après l’autre sur les fers. Ils s’emboîtent latéralement par un système d’encoches. La massette permet d’affiner leur placement si nécessaire.

Quand la rangée est terminée, on place des fers tors de 6 mm dans les encoches situées en haut des blocs. Ils permettent un renfort horizontal, de part et d’autre des fers verticaux. Ces fers horizontaux doivent se chevaucher d’environ 40 cm et être liés ensemble avec du fil pour éviter qu’ils bougent lors du coulage du béton. Il est bienvenu de placer aussi des fers en équerre au niveau des angles.

S’il y a des formes arrondies

S’il y a des arrondis (escalier roman par exemple) ou si c’est une piscine aux formes rondes, le principe reste le même que pour une construction droite.

Les blocs à bancher sont spécifiques, avec un système d’emboîtement entre blocs permettant de créer des courbes. Pour contrôler l’horizontalité et l’inclinaison, vous pouvez utiliser un niveau à bulles et rectifier les écarts avec la massette.

Vérifiez les niveaux, les angles et l’inclinaison avant de passer à la rangée suivante

La vidéo ci-dessous, très « scolaire », insiste sur les contrôles de niveaux, d’angle et d’inclinaison de chaque rangée, surtout la première.

Tous ces contrôles peuvent ressembler à de la « sur-qualité ». Ils rallongent le temps de montage des parois, ce qui peut générer un peu de frustration ou d’impatience. Mais gardez toujours à l’esprit que votre piscine va rester là plusieurs dizaines d’années. 

Si vous constatez trop de décalage, il vaut mieux démonter et recommencer plutôt que de continuer à empiler les blocs pour finir au plus vite. Même si ça vous prend plus de temps (jours) que prévu.

Les rangées supérieures sont posées comme pour la construction d’un mur traditionnel. On décale les blocs d’un demi-bloc à chaque rangée.

Pour les constructions rectangulaires, on peut aligner les blocs au cordeau. Dans tous les cas, il faut vérifier la verticalité de chaque rangée avec le fil à plomb ou le niveau à bulles. Là aussi il faut ajouter des fers horizontaux et verticaux, et les lier entre eux, à mesure que les murs prennent forme.

Les écarts de niveaux, avec des blocs un peu plus hauts que les autres, seront rectifiés par l’arase finale. Mais il faut quand même contrôler et rectifier les niveaux au fur et à mesure pour ne pas avoir trop de décalage.

Le montage des pièces à sceller est une étape critique

La pose et le maintien des pièces à sceller implique de décaler ou découper un bloc. Elles doivent être stabilisées avant de couler le béton.

Selon la taille / forme du bassin et ses équipements, il y a plus ou moins d’équipements à sceller : mur filtrant, skimmers, buses de refoulement, prise balai, régulateur de niveau, projecteur, nage à contre courant.

Dans une piscine traditionnelle, il y a au moins 1 skimmer, 1 à 2 buses de refoulement et 1 projecteur. Toutes ces pièces seront prises dans le béton.

Le ou les projecteurs sont les pièces les plus basses. Leur dimension peut amener à décaler, enlever ou découper un bloc.

La ou les buses de refoulement sont à placer à 30 cm du niveau haut de l’eau. Le perçage d’un bloc est généralement suffisant pour les positionner. Idem pour la prise balai qui est placée un peu plus haut sous la ligne d’eau.

Les skimmers sont positionnés tout en haut et doivent absolument être droits. Ces pièces sont importantes puisqu’elles conditionnent le niveau d’eau de la piscine et qu’elles ont un impact sur l’aspect visuel du bassin.

Cette vidéo vous montre une méthode et des indications sur ces points, notamment les skimmers.

Couler le béton et araser

Avant de passer au coulage du béton, re-vérifier bien la verticalité des parois. Et n’oubliez pas que vous pouvez mettre des étais pour renforcer les endroits où vous craignez que les coulées de béton fassent bouger les blocs ou les pièces à sceller.

A retenir sur le béton

Commander un béton prêt à l’emploi vous facilitera cette étape

Choisissez un jour où il ne fait pas trop chaud (entre 15 et 25°C), ni trop humide (pas de risque de grosse averse).

Il faut humidifier les supports avant de couler le béton. Ca sert à lier le ciment contenu dans le béton avec le support.

Le béton ne doit pas être liquide, mais gras et collant. Un béton trop liquide va amener le trop plein d’eau à s’écouler par le bas et ce n’est pas bon. Si vous commandez un béton prêt à l’emploi et livré par camion toupie, discutez ces points avec votre prestataire : volume, niveau de résistance, retardement, et bien sûr, accès au chantier.

Une résistance de 350 kg/m3 est un minimum. Si vous faites le béton vous-même avec une bétonnière, respectez les dosages, les temps d’attente et l’homogénéité de votre béton tout au long de sa fabrication.

Comme vous le savez probablement, il est recommandé de couler tout le béton sur une seule journée. Si vous le faites à la bétonnière + brouette, cela peut être problématique selon la taille de la piscine et la hauteur des parois. C’est ce jour là qu’il doit y avoir le plus de monde pour vous aider. Avec une toupie c’est évidemment plus facile et plus rapide.

Le béton doit couler progressivement, en faisant tout le tour du bassin, niveau par niveau. Il faut prendre le temps de le tasser et de bien l’imprégner dans les espaces vides avec un bâton ou une tige métallique pour éviter les bulles d’air. C’est plus judicieux que de remplir entièrement une paroi, puis de passer à la suivante, et à la suivante, etc.

A propos du coffrage pour l’arase

Quand toutes les parois sont remplies et tassées vient le moment de parfaire la finition supérieure des parois : l’arase.

Elle dépasse de quelques centimètres au dessus des blocs. L’arase permet d’avoir une finition qui corrige les erreurs de niveau et matérialise un support plat, sur tout le pourtour du bassin. C’est sur ce support que seront posées les margelles et les fixations de la membrane si c’est une piscine à liner. Et elle aura un impact direct sur l’impression visuelle du plan d’eau, quand la piscine sera remplie.

Il faut donc contenir le béton qui va « déborder » au dessus des blocs. Pour cela, on a coutume d’installer des planches de coffrage de chaque coté de la partie supérieures des parois. Elles sont maintenues en place par des serre-joints et doivent impérativement être au même niveau tout autour du bassin. Il est essentiel de prendre le temps nécessaire pour bien réaliser son coffrage : niveau, maintien. Et tant pis, si ça retarde d’autant les travaux.

C’est mieux de le faire le même jour que le bétonnage des parois. Mais ce n’est pas toujours possible ou très pratique quand on fait le béton sur place. Il y a les va-et-vient des brouettes et des seaux à vider. Et on a tendance à prendre appui sur le coffrage, ce qui peut faire bouger les planches de coffrage. Dans ce cas, tant pis si l’arase est faite un autre jour.

Mais si le béton est livré par camion toupie, il est judicieux de finir tous les coffrages avant de remplir les parois. Le but étant de lier tout le béton en une seule prise, avant séchage, pour avoir une structure monobloc.

Pour conclure sur les constructions de piscines en blocs à bancher

Construire sa piscine en blocs à bancher présente beaucoup d’avantages.

On peut personnaliser la forme de sa piscine. Si les blocs sont en béton, on peut mettre tout type de revêtement étanche : liner / membrane, enduit, peinture, carrelage, pâte de verre, mosaïque, etc. Pour les blocs polystyrène ou composite, en revanche, seul le liner est envisageable.

Ca coûte moins cher de la faire soi-même. La mise en oeuvre demande des connaissances et du savoir-faire mais ce n’est pas très complexe en soi.

Enfin, on est sûr et certain d’avoir une piscine qui va durer 30, 40, 50 ans et beaucoup plus. Côté résistance et maintien dans le temps, aucun autre type de piscine ne peut rivaliser avec le béton.

Le plus gros inconvénient c’est qu’il faut le faire. Ce n’est pas non plus une partie de plaisir.

Le plus réjouissant, c’est qu’une fois les parois dressées, les premières baignades ne sont plus loin.





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