Quels sont les indicateurs utilisés pour mesurer l’équilibre de l’eau ?

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Acidité, teneur en calcaire, carbone, chloramine, autant d’indicateurs à contrôler

Pour mesurer l’équilibre de l’eau, on utilise plusieurs indicateurs. Ils permettent d’analyser les propriétés chimiques de l’eau et de connaître le taux exact de ses différents composants.

L’analyse de ces indicateurs permet d’évaluer et de corriger le dosage des produits de traitement pour que l’eau soit correctement désinfectée et désinfectante.

Si certains indicateurs sont communs à toutes les piscines, d’autres sont liés :
– au type de matière filtrante utilisé: sable, zéolite, diatomée, verre, cartouche, poche.
– au dispositif de désinfection mis en place : chlore, sel, brome, oxygène actif, PHMB, ozone, ultraviolets.


Les unités de mesure utilisées

Chacun de ses indicateurs est mesurable, avec une échelle de valeur numérique qui lui est propre.
Chaque indicateur doit se situer entre un niveau minimum et maximum pour être considéré comme sain et non agressif pour les baigneurs et pour les équipements de la piscine (revêtement, matériels, système de filtration).

A part pour le pH, l’unité de mesure utilisé est la teneur en milligramme par litre (mg/l) ou en partie par million (ppm). Dans la francophonie, on utilise aussi le degré français (°f).

Attention, à ne pas confondre degré français (°f ou °fH) et degré Fahrenheit (°F). On utilise aussi le degré allemand (°GH, pour GesamtHärte) et américain (°TH, pour Total Hardness)

Il est important de comprendre la correspondance de ces unités de mesure parce que ce sont celles utilisées par les équipements et les accessoires qui servent à analyser l’équilibre de l’eau.

Les indicateurs communs à tous les types de piscine

Trois indicateurs sont communs à tous les types de filtration : le potentiel hydrogène (pH), l’alcalinité totale (TAC) et la dureté totale (TH) de l’eau.

Un pH entre 7,2 et 7,8

Le pH ou potentiel hydrogène est l’indicateur utilisé pour déterminer l’acidité et l’alcalinité de l’eau. On le mesure sur une échelle numérique allant de 0 à 14.

Un pH égal à 7 indique une eau neutre dans laquelle il y a équilibre entre les ions hydrogènes (H+) acides et les ions hydroxydes alcalins (OH-).

Plus le pH tend vers 0 et plus l’eau est acide (forte teneur en ions hydrogènes). Elle est alors agressive pour les baigneurs (démangeaisons, agression des muqueuses, yeux qui piquent) et pour les équipements (corrosion, dégradation).

Plus le pH tend vers 14 et plus l’eau est alcaline. On dit aussi “basique”. Elle est alors trop favorable aux polluants (prolifération d’algues, champignons, virus, bactéries) et trop agressives pour les baigneurs (agression des muqueuses, irritation des yeux).

Lorsque l’eau est légèrement basique, les produits de traitement et de désinfection sont suffisamment efficaces et la qualité de l’eau suffisamment bonne et saine pour la baignade.

Le désinfectant utilisé (chlore, sel, brome, UV…) est plus ou moins efficace selon le niveau de pH.
Il faut donc viser à maintenir un taux de pH conforme avec le désinfectant. Le taux de pH idéal est variable selon le type de désinfectant utilisé. Mais en général, on situe ce taux entre 7,2 et 7,8.

Ainsi, le chlore, qui est le désinfectant le plus utilisé dans les piscines, est efficace à 100% lorsque que le pH est à 5,5, mais ce taux est trop acide et donc trop agressif pour les baigneurs et les équipements. Avec un pH entre 7,2 et 7,4 le chlore n’est efficace qu’à 60%.

De même que selon le type de filtre utilisé (sable, zéolite, diatomée, cartouche…), il peut être recommandé ou interdit d’ajouter certains produits dans l’eau. Ainsi, les floculants qui permettent d’agglomérer les particules de déchets entre elles et d’améliorer ainsi le pouvoir du système de filtration. La floculation est elle aussi plus ou moins effective selon le niveau de pH.

Le pH varie en fonction de l’alcalinité et la dureté de l’eau. Il faut donc le contrôler assez souvent à l’aide d’accessoires d’analyse tels que bandelettes, pastilles et liquides réactifs, testeurs électriques et électroniques.

Pour relever un pH trop bas, il faut ajouter du carbonate de soude. C’est un produit que l’on appelle du “pH+”.
Pour abaisser le pH, il faut ajouter du sulfate d’acide de sodium. C’est un produit que l’on appelle du “pH-“.
Certains automates permet de tester et de réguler le pH à l’aide d’une pompe doseuse qui injecte de l’acide chlorhydrique.

Une alcalinité totale comprise entre 80 et 200 mg/litre ou ppm

Le Titre Alcalimétrique Complet (TAC) sert à mesurer le taux d’hydroxydes et la teneur en ions carbonates et bicarbonates, c’est à dire l’alcalinité totale de l’eau. Sa valeur indique la capacité de l’eau à maintenir et stabiliser le niveau de pH.

L’indicateur de mesure peut être le degré français (°f), le partie par millions (ppm), le milligramme par litre (mg/l).

La mesure porte sur le taux de BiCarbonate de Soude (NaHCO3) sachant que 1°f = 16.8 mg/litre de NaHCO3.

Pour ne pas s’y perdre, retenez l’échelle suivante : 1°f = 10 ppm = 10 mg/l.
Plus le TAC est élevé et plus le pH est stable. Plus le TAC est faible et plus le pH est instable.
Le rôle de ces particules carbones est d’empêcher la formation du tartre et dépôts calcaires.

Etant donné son rôle dans la stabilisation du pH, il faut ajuster le TAC avant d’ajuster le pH.

Comme pour le pH, il existe différents outils testeurs.
On rehausse le TAC par ajout de BiCarbonate de Soude.
Pour le baisser, on peut brasser l’eau pour libérer le gaz carbonique présent dans le NaHCO3.
Ainsi l’usage de jets d’eau, fontaines ou chutes d’eau fait-il naturellement baisser le TAC, car l’eau est plus brassée qu’un bassin non doté de ce type d’agréments.

Une dureté de l’eau entre 100 à 250 mg/l ou ppm (10°f et 25°f)

Le Titre Hydrotimétrique (TH) sert à mesurer la minéralité de l’eau, c’est à dire sa teneur en calcium et en magnésium. On parle aussi de dureté de l’eau (teneur en calcaire) avec une mesure qui porte sur le taux de Carbonate de Calcium (CaCO3) ou taux de calcaire. Les outils de mesure sont les mêmes que pour le pH et le TAC.

– Entre 0 et 7 °f : eau très douce
– Entre 7 et 15°f : eau douce
– Entre 15 et 25°f : eau un peu dure.
– Entre 25 et 42 °f : eau dure
– Au-delà de 42°f : eau très dure.

Une eau supérieure à 20°f n’est pas nocive pour la santé mais favorise les dépôts calcaires blanchâtres, grisâtres et donc l’entartrage de la piscine (revêtement, équipements, canalisations). Si l’eau a naturellement un TH élevé (supérieur à 25°f), il est bienvenu de diffuser un séquestrant calcaire 1 à 2 fois par an.

Une eau trop douce (inférieure à 10°f) favorise la corrosion. Dans ce cas, il faut ajouter du Carbonate (ou sulfate) de Calcium et de Magnésium pour doper la minéralisation de l’eau.

Les autres indicateurs sont liés au dispositif de désinfection et au type de désinfectant utilisé

Une piscine peut être désinfectée par traitement chimique au chlore, au sel, au brome, à l’oxygène actif, au PHMB, à l’ozone, au ionisateur cuivre/argent, aux ultraviolets.

Certains produits sont incompatibles entre eux : le chlore ou le cuivre avec le PHMB.

Certains de ces modes de traitement sont automatisables via des régulateurs : électrolyse au sel, hydrolyse, ozonateur, ionisateur, ultraviolets.

Et lorsque de tels automates ne sont pas déployés, l’analyse et la désinfection de l’eau se fait manuellement.

Pour doper le pouvoir de filtrage et de désinfection, on recourt aussi à l’ajout de produits stabilisants (acide cyanurique) et de floculants. Les floculants sont incompatibles avec les filtres à diatomées ou à cartouches / poches.

Les taux de désinfectant, de stabilisant et de floculant peut également être mesuré pour vérifier l’équilibre de l’eau. Pour chacun, il existe du matériel adapté : bandelettes, pastilles ou liquides réactifs, testeurs électroniques.

Etant donné la diffusion de produits chimiques dans le bassin, il est recommandé de renouveler annuellement 30 à 50% de l’eau du bassin. Ce renouvellement se fait en grande partie sans que l’on s’en rende compte, car l’évaporation naturelle de l’eau pendant les périodes d’exploitation nous poussent à réinjecter de l’eau nouvelle dans la piscine.


Il est recommandé de faire analyser son eau de piscine par un professionnel 1 à 2 fois par an. Outre les conseils et les actions correctives, ils sont équipés de matériels de tests et d’analyse qui balaye tous ces indicateurs.

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